Redoutées pour leurs poils urticants et leur impact sur nos pins, les chenilles processionnaires posent un véritable défi pour les jardiniers. Leur présence n’est pas seulement désagréable, elle peut être dangereuse pour les humains et les animaux de compagnie. Heureusement, il existe plusieurs méthodes pour les éliminer efficacement. Certaines sont connues, d’autres beaucoup moins. La cinquième pourrait bien vous surprendre.
1. Installez un collier de piégeage autour des troncs
Cette technique mécanique figure parmi les plus utilisées. Le collier de piégeage, équipé d’un sac collecteur, bloque la descente des chenilles lorsqu’elles cherchent à rejoindre le sol pour s’enfouir.
- Période d’installation : entre novembre et décembre
- Matériaux nécessaires : colliers, sac récepteur, terreau, résine
- Entretien : retirer et incinérer le sac vers avril avec des protections (gants, combinaison)
Ce système est réutilisable chaque année et permet de piéger efficacement les chenilles sans produit chimique.
2. Déployez des pièges à phéromones pour capturer les papillons
Avant qu’elles ne deviennent chenilles, elles sont papillons. Et là, vous pouvez intervenir ! Les pièges à phéromones sont conçus pour attirer les mâles, empêchant ainsi la reproduction.
- Période idéale : entre juin et septembre
- Fonctionnement : les mâles sont attirés, tombent dans un récipient rempli d’eau savonneuse, et ne peuvent plus s’échapper
Ce n’est pas une solution miracle, mais elle permet de réduire significativement les pontes à venir.
3. Pulvérisez une solution biologique : le bacille de Thuringe
Le Bacillus thuringiensis est une bactérie utilisée en agriculture biologique capable de tuer les larves de nombreux papillons, dont la processionnaire.
Il suffit de pulvériser ce produit sur les nids. En général, un pulvérisateur longue portée est nécessaire. Pour les grands arbres, mieux vaut faire appel à des spécialistes.
Attention : cette méthode peut affecter d’autres espèces de papillons. À réserver aux situations les plus critiques.
4. Attirez les prédateurs naturels : mésanges et chauves-souris
Et si la nature vous donnait un coup de main ? Les mésanges raffolent des chenilles processionnaires. Pour en avoir dans votre jardin :
- Installez des nichoirs dès l’automne
- Ajoutez une mangeoire mais sans exagérer l’hiver, pour qu’elles deviennent prédatrices au printemps
Les chauves-souris se nourrissent surtout des papillons adultes. Pour les attirer :
- Fixez des abris à 2 à 6 mètres du sol, orientés sud
- Faites-le dès le mois d’avril
Une méthode 100 % naturelle et particulièrement efficace à long terme.
5. Plantez un bouleau : une stratégie végétale contre-intuitive
Surprenant mais vrai : planter un bouleau peut aider à limiter l’invasion des chenilles processionnaires. Pourquoi ? Parce que cet arbre émet des composés volatils qui perturbent les papillons au moment de choisir où pondre.
Dans les zones où pins et bouleaux cohabitent, on observe en général moins d’infestations. C’est ce que montrent plusieurs études scientifiques. Une solution écologique et décorative à tester chez vous.
6. Retirez les nids manuellement (avec protection !)
Si vous repérez des nids en forme de cocon blanc dans vos pins, il est possible de les prélever. Cette opération nécessite toutefois un équipement intégral, car les poils des chenilles restent dangereux même morts.
- Matériel requis : combinaison, gants, masque, lunettes
- Outils : échenilloir ou perche
Une fois les nids coupés, ils doivent être incinérés. Attention : vérifiez la réglementation de votre commune. Si le brûlage est interdit, contactez la déchèterie ou un professionnel agréé.
7. Abattez les arbres en dernier recours
Lorsque les infestations reviennent chaque année malgré vos efforts, l’abattage de l’arbre-hôte peut s’imposer. C’est une solution radicale mais parfois la seule pour stopper l’invasion.
- À faire hors présence des chenilles pour éviter la dissémination
- Remplacer par des espèces locales ou feuillues moins attractives
Cette méthode n’est à envisager qu’en dernier recours, et après avoir vérifié qu’aucune contrainte légale ne l’interdit dans votre région.
Agir à long terme pour un jardin sain
Il n’existe pas de solution unique et définitive contre les chenilles processionnaires. Le mieux est d’agir sur tous les fronts : piéger, prévenir, planter différemment, attirer les prédateurs et supprimer les nids si besoin.
Si vous vivez dans une région à risque, il faudra répéter certaines actions chaque année pour garder la situation sous contrôle. Mais avec un peu de vigilance et d’anticipation, vous pouvez protéger efficacement votre jardin… et ses habitants.












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