Elle pousse avec générosité, demande peu d’entretien et annonce le retour des beaux jours avec ses tiges colorées : la rhubarbe a tout pour plaire. Et pourtant, une erreur fréquente peut la transformer en véritable danger pour votre santé. En tant que plante à double facette, la rhubarbe mérite toute votre attention, surtout si vous la cultivez pour vos proches ou des enfants. Zoom sur les pièges à éviter absolument au jardin.
Ne touchez jamais aux feuilles : elles sont toxiques
On pourrait croire que tout se mange dans la rhubarbe, comme pour les épinards ou les blettes. Mais c’est une illusion dangereuse. Les feuilles de rhubarbe sont infestées d’acide oxalique. Cette substance peut devenir un vrai poison si elle est ingérée en trop grande quantité. Les symptômes ? Nausées, vomissements, troubles rénaux… Et chez les enfants ou les personnes fragiles, cela peut dégénérer rapidement.
Peu importe si vous les faites cuire, si vous les trouvez belles en déco ou si vous envisagez de les donner à vos animaux : les feuilles ne doivent jamais finir dans une assiette ni dans une gamelle. En cas d’ingestion accidentelle, n’attendez pas : contactez immédiatement le centre antipoison ou un médecin.
La bonne période pour récolter votre rhubarbe en toute sécurité
Ce n’est pas parce que seules les tiges (ou pétioles) sont comestibles qu’elles sont inoffensives n’importe quand. Elles contiennent elles aussi de l’acide oxalique — mais en faible concentration. Et cette quantité augmente avec la saison.
Pour éviter les mauvaises surprises, suivez les conseils des spécialistes : la période idéale pour récolter votre rhubarbe s’étend de mai à fin juin, autour de la fête de la Saint‑Jean. Avant cet intervalle, les tiges sont tendres, juteuses et moins acides. Après, la plante entre dans une phase de récupération. Elle a besoin de ses feuilles pour refaire ses réserves pour l’année suivante.
Comment bien récolter sans abîmer la plante ?
- Tirez la tige à la base plutôt que de la couper — une légère torsion suffit.
- N’enlevez jamais plus des deux tiers des tiges d’un seul coup.
- Coupez les feuilles immédiatement et réutilisez-les au jardin : pour le compost, le paillage ou même en purin répulsif contre les pucerons.
Le forçage : une astuce gourmande mais épuisante pour la plante
Le saviez-vous ? Il est possible de “forcer” votre rhubarbe pour obtenir des tiges encore plus savoureuses. Le principe est simple : on couvre les souches avec un récipient opaque pour stimuler une pousse précoce, sans lumière. Résultat ? Des tiges longues, d’un rose pâle délicat, à la chair tendre et plus sucrée. Un vrai plaisir pour les papilles.
Mais attention : le forçage puise beaucoup d’énergie dans le pied. Ce procédé ne doit donc pas être répété chaque année, au risque d’épuiser définitivement la plante.
Quel matériel pour forcer votre rhubarbe ?
- Un vieux conduit de cheminée avec une soucoupe en guise de couvercle
- Une vieille poubelle retournée
- Un seau opaque, assez haut pour laisser de l’espace aux tiges
Sous l’obscurité, la plante développe des tiges allongées avec peu de feuilles. Ces dernières sont d’un jaune très vif, preuve que la lumière ne les a pas touchées. C’est la garantie d’une rhubarbe plus douce et moins acide.
Ce qu’il faut retenir pour jardiner en toute sécurité
La rhubarbe, aussi généreuse qu’elle puisse paraître, nécessite quelques précautions simples pour rester une alliée de votre santé :
- Feuilles strictement interdites à la consommation — même après cuisson
- Récoltez entre mai et juin pour profiter des meilleures tiges
- Réservez le forçage à une année sur deux pour ne pas affaiblir la plante
Avec ces bonnes pratiques, votre rhubarbe restera un plaisir sûr et délicieux, sans mauvaise surprise. Le printemps n’en sera que plus doux.












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